Peut-on travailler le 1er mai 2026 dans une boulangerie ou une fleuristerie ? Cette année, la réponse est oui, mais sous conditions strictes. Après l’échec d’une réforme législative et les amendes infligées aux boulangers en 2025, le Premier ministre a publié un communiqué le 17 avril 2026 accordant une tolérance exceptionnelle aux boulangeries-pâtisseries et fleuristes artisanaux. Voici ce que tout employeur doit savoir avant le 1er mai.
| À retenir |
| Le Code du travail n’est pas modifié pour le 1er mai 2026. Une tolérance exceptionnelle est accordée aux boulangeries-pâtisseries et fleuristes artisanaux. 2 conditions cumulatives : accord écrit et volontaire du salarié + doublement de la rémunération. Les bouchers, cavistes et primeurs ne sont pas concernés par cette tolérance. Un nouveau projet de loi est attendu pour le 1er mai 2027. |
1er mai boulangerie : pourquoi la question se pose depuis 2025 ?
L’histoire commence le 1er mai 2025 : un grand nombre de boulangers ayant décidé de faire travailler leurs salariés ce jour-là, se sont vu infliger des amendes par l’inspection du travail. En effet, seuls les établissements « dont la nature du travail ne permet pas d’interrompre l’activité » peuvent demander à leurs salariés de travailler, moyennant le doublement de leurs rémunération ce jour-là. La liste des secteurs ou activités autorisés n’est, malheureusement, pas plus précise. Les boulangers, ne répondant pas à la définition, ont dû mettre la main à la poche.
Code du travail et jour férié : la proposition de loi adoptée au Sénat
Dès lors, une proposition de loi avait été adoptée au Sénat, le 3 juillet 2025 en première lecture, visant à élargir le cercle restreint des activités autorisées chaque 1er mai. Ainsi, par exemple, les établissements « assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à une consommation immédiate », pouvaient désormais entrer dans la liste des établissements autorisés à occuper des salariés le 1er mai, une définition se rapprochant davantage du secteur de la boulangerie…
Étaient concernés également par cette proposition, les établissements « exerçant à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles permettant de répondre à un besoin du public lié à un usage traditionnel propre à cette journée du 1er mai », une revendication portée par grand nombre de fleuristes qui, précédemment, perdaient une opportunité de chiffre d’affaires conséquente, les privant ce jour-là, de vendre un muguet qui ne leur apportait que peu de bonheur !
Travailler le 1er mai 2026 : que s’est-il véritablement passé ?
Les lenteurs de l’administration n’ont permis la présentation du texte de loi devant l’Assemblée nationale, que le 10 avril 2026. Déçus par cette lenteur, et face à la proximité de l’échéance du 1er mai 2026, les partisans du texte ont tenté d’accélérer le mouvement dans l’espoir de promouvoir la loi avant la fin du mois d’avril.
Peine perdue ! Cette accélération du mouvement a entraîné une prise de conscience collective. Une réunion des partenaires sociaux s’est tenue dans l’urgence le 13 avril 2026 en fin de journée, à l’issue de laquelle le Gouvernement, Premier Ministre en tête, a décidé de reporter le débat à plus tard, le temps de « laisser au dialogue social de construire des solutions équilibrées » !
En conséquence, le Code du travail ne sera pas modifié avant le 1er mai 2026. Le statu quo sur l’impossibilité de travailler le 1er mai, selon les mêmes conditions que les années précédentes, est donc confirmé cette année.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là !
1er mai 2026 : la tolérance pour les boulangers et fleuristes, mode d’emploi
Le 17 avril 2026, le Premier ministre souhaitant faire un geste en faveur des commerces indépendants de la boulangerie et des fleuristes, et après avoir reçu les représentants de ces deux corporations, a diffusé un communiqué de presse visant à prioriser ces secteurs. Il invite « toutes les parties prenantes » et, en particulier l’inspection du travail qu’il ne peut citer lui garantissant ainsi son indépendance, « au pragmatisme et à la modération lors de ce 1er mai 2026 » afin d’assurer aux boulangeries-pâtisseries et aux fleuristes artisanaux, un climat plus serein que celui de l’an passé. Il leur promet « de ne souffrir d’aucune conséquence en cas d’ouverture le 1er mai 2026 » dans les règles qu’avaient fixé la proposition de loi reportée : un accord volontaire confirmé par écrit par le salarié, et le doublement de la rémunération des heures travaillées ce jour-là.
Les 2 conditions pour le doublement de salaire le 1er mai
- Un accord volontaire confirmé par écrit par le salarié
- Le doublement de la rémunération des heures travaillées le 1er mai
Et pour le 1er mai 2027 ?
Le Premier ministre a également sommé l’exécutif de présenter prochainement, un nouveau projet de loi visant à protéger les commerces artisanaux tout en évitant toute extension de cette dérogation aux structures industrielles. Il précise également que les partenaires sociaux de chaque branche concernée devront définir un accord, prenant en compte les spécificités de ces secteurs d’activité, la double condition d’un accord écrit du salarié et d’une rémunération doublée, devant être respectée. À charge ensuite, au Parlement, de voter le projet de loi afin de sécuriser ces accords.
Espérons que nos parlementaires trouvent le temps nécessaire pour promulguer cette loi dans les temps et ce, malgré l’échéance certaine des prochaines élections présidentielles prévues à la même période. Le 1er mai 2027 pourrait alors devenir la première fête du travail à bénéficier de ces dispositions dans un cadre repensé et mieux défini.




